IntoBridge au marathon de Paris

Pour une fois, voici un article qui ne parle pas de bridge ! Je vais vous raconter mon aventure avec Christophe au marathon de Paris.

Tout a commencé il y a un an, quand Christophe m’a inscrit avec lui en me demandant mollement mon avis. Cela faisait maintenant 2 ans que je courrais régulièrement et j’avais déjà terminé 2 semi-marathon, mais faire le double, c’est une autre paire de manche.

Pour éviter une souffrance inqualifiable le jour J, j’ai du commencer par augment considérablement la charge d’entraînement. Fini les petits footings paisibles, place à la sortie longue hebdomadaire, qui augmente progressivement en distance jusqu’à atteindre les 30 kms ! Tout ça qu’il faut bien sûr ajouter aux différentes séances de fractionné qui n’ont l’air de jamais s’arrêter… Au cumulé, il faut courir 70 kilomètres par semaine, répartis généralement en 5 séance, tout ça sans se blesser. C’est malheureusement ce qu’il m’est arrivé en avril dernier où j’ai du tout arrêter pendant un mois suite à un genou droit qui n’avait pas l’air d’apprécier mes efforts à leur juste valeur.

La reprise après cette incident a été assez difficile, puisqu’il fallait presque repartir de 0. Mais j’ai été sérieux et suivi mon plan d’entraînement à la lettre, notamment les séances de renforcement musculaire qui étaient particulièrement pénibles. Ce n’était pas non plus facile de caser mes sorties longues les week-ends de bridge, où il fallait parfois se lever assez tôt le dimanche pour ne pas rater le premier match ! Malgré tout, je progresse de manière assez régulière et me fixe bientôt l’objectif de finir en 3h10. Pour vous donner une idée de mon niveau, c’est un peu comme être première série mineure au bridge : vous êtes à des années lumière des meilleurs qui finissent en 2h05, mais vous êtes dans le premier dixième des participants : il n’y en a pas beaucoup qui sont meilleurs que vous…

Ayant eu la chance d’échapper à une nouvelle blessure malgré quelques alertes, je me suis inscrit au semi-marathon de Paris, qui a lieu un mois avant la terrible échéance, pour pouvoir me tester un peu. J’ai prévu de partir à la même allure que celle prévue au marathon, soit une arrivée en 1h35, et d’accélérer si je me sens bien. Bingo, je me sens particulièrement en forme et je passe sous la barre des 1h30, ce dont je ne me pensais pas vraiment capable !

J’ai cependant quelque craintes avant d’aborder car j’ai l’impression de manquer un peu d’endurance et c’est d’ailleurs ce que me signale l’outil d’analyse de performance que j’utilise, runalyse. On me demande assez régulièrement ce qui me motive à faire 10 tours d’affilé du même parc de 2 kilomètres de diamètre, et bien je crois pouvoir dire que voir des graphiques, des flèches qui montent ou qui descendent et des bruits divers et variés pour me dire si j’ai bien couru ou non sont une source de motivation principale ! (Oui, il m’en faut peu). Toujours est-il que je suis assez serein pour les 30 premiers kilomètres de mon marathon où je sens bien que j’ai les capacités pour tenir mon allure, mais j’entre clairement en terrain inconnu après. Je me dis que dans le pire des cas, je pourrais bien finir tranquillement en footing.

Je suis assez stressé avant mon départ et je ne dors qu’assez peu, mais j’ai l’habitude puisqu’il m’arrive la même chose lors des championnats de bridge. Dans le métro direction les Champs-Élysées, il y a une forte densité de coureurs, la plupart étant visiblement plus stressés que moi puisque leurs dossards indiquent tous qu’ils partent après moi : les courses avec beaucoup de coureurs partent par vague, et on a un sas de départ associé. Je suis dans le 4ème sas, celui de 8h27, pour ceux qui visent entre 3h et 3h15. J’arrive juste pour le départ des élites, même si je ne peux pas les voir à cause de tout le monde qui est massé pour assister au spectacle : les gens se sont même mis debout sur les barrières des entrées de métro !

Je ne pars pas bien longtemps après ces athlètes de haut niveau, et intègre le coeur de l’avenue pour rejoindre Christophe et aller prendre mon départ. Top chrono !

Première difficulté que je n’avais pas vraiment anticipé, un nombre assez conséquent de coureurs est inscrit dans un sas qui n’a absolument rien avoir avec leur niveau, et au vu de la densité sur la route, ils sont particulièrement gênants à dépasser et éviter. Je dois régulièrement me frayer un chemin, en particulier sur les 5 premiers kilomètres. Cela induit nécessairement des mètres supplémentaires en fin de course que je n’ai pas particulièrement envie de faire…

Comme prévu, les 30 premiers kilomètres se déroulent très bien, je me sens à l’aise et je suis parfaitement mon allure cible. Je profite du sympathique paysage et des encouragements des nombreuses personnes sur le bord de la route : en passant place de la Bastille, ils débordent sur la route et laissent peu de place pour passer, on se croirait sur l’Alpe d’Huez pendant le tour de France ! J’essaie de faire attention à mon alimentation à base de gels énergétique que j’avais soigneusement préparés, ainsi qu’à bien m’hydrater (quand on a soif, c’est déjà trop tard!).  Et puis arrive le tant redouté 30ème kilomètre, appelé « le mur », car beaucoup de personnes explosent à ce moment… Et là, c’est le mauvais scénario, je n’ai soudainement plus d’énergie et je sens que ces 12 dernières bornes vont être bien longues. Bon, je m’étais préparé mentalement à ce cas de figure et passe en mode footing/survie, comme beaucoup de gens autour de moi d’ailleurs. C’est très dur d’aller puiser là où il n’y a rien à puiser, surtout entre le 35ème et le 40ème kilomètre dans un interminable faux plat montant. En plus, je vois mon allure moyenne sur la course baisser lentement mais sûrement, ce qui est moralement difficile. Heureusement, les deux derniers sont en forte descente et je me permets même de réaccélerer un petit peu pour finalement franchir la ligne d’arriver en 3h18.

Je suis complètement carbonisé et m’assois sur le trottoir de l’avenue Foch après avoir récupéré médaille, T-Shirt et ravitaillement. J’ai le visage couvert du sel de ma transpiration à un point que je n’imaginais pas possible, et récupère tant bien que mal en regardant dans le vide – que de souffrance ! Mais curieusement, je me sens assez rapidement mieux et suis même en capacité de jouer un match d’interclub l’après-midi, même s’il ne s’est pas avéré particulièrement brillant. Je suis quand même heureux d’être arrivé au bout, et suis déjà reparti à l’entraînement pour essayer de passer sous les 3h l’année prochaine 🙂

A bientôt aux Winter Bridge Games !

– Luc

NDLR : Christophe a également réussi à boucler le marathon 3h30, ce qui fait 2 joueurs de bridge sur 2, un 100% de réussite remarquable pour la représentation de la communauté bridge !

Posted ByLuc Bellicaud

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